L'homme est un animal curieux qui a de tout temps cherché à découvrir de nouveaux territoires. Pour une raison ou une autre, les flux migratoires font partie de l'évolution de notre espèce et cela peut certainement expliquer pourquoi la langue française est riche en termes désignant les personnes qui traversent les frontières. Cependant, cela amène à devoir être attentif aux mots utilisés, leur sens n'ayant rien à voir et certains médias en jouant avec joie dans le but d'orienter nos pensées.

 

Nous savons aujourd'hui tous que les médias sont orientés, d'un bord ou de l'autre, leurs propos sont étudiés pour vendre et répondre aux attentes de leur audience. Il serait cependant naïf de ne penser qu'au fait qu'ils lissent le contenu pour mieux le vendre. Il est aussi clair qu'une fois la confiance du spectateur acquise, certains ne se gênent pas à formuler les choses d'une façon plutôt que d'une autre. Si le but n'en est pas avoué, il devient vite clair si l'on y prête attention. Dans ce cadre, les flux humains entre les frontières font quelque part matière de référence et nous allons voir ensemble la définition de certains termes pour donner un peu de nuance au tout.

 

Migrant

  • Personne qui passe d’un pays à un autre.

Réfugié

  • Personne qui a quitté son pays ou sa région d’origine afin d’échapper à un danger (catastrophe, persécutions, guerre, etc.).

Immigré

  • Personne qui arrive dans un pays étranger dans le but de s’y établir.

Émigré

  • Personne qui a quitté son pays pour aller vivre dans un autre pays.
  • Personne qui vit dans un autre pays que celui où elle est née.

Expatrié

  • Personne qui a quitté sa patrie ou qui en a été chassée.

Exilé

  • Personne qui est condamnée à l’exil.

Interdit de séjour

  • Personne qui est l’objet d’une interdiction de séjour.

Transplanté

  • Personne que l’on a fait passer de son pays ou de son milieu d’origine à un autre.

Déporté

  • Personne condamnée qui subit une peine politique qui consiste en un exil à perpétuité.
  • Personne internée dans un camp de concentration situé à l’étranger, dans une région éloignée.

Étranger

  • Personne dont la nationalité est différente de celle d’un pays donné.

Touriste

  • Personne qui pratique une activité de loisir qui consiste à voyager, à visiter un lieu pour son plaisir.

Implanté

  • Personne qui s’est installée dans un nouvel endroit.

Déraciné

  • Personne qui a quitté son pays d’origine.

Diaspora

  • Dispersion d’un peuple, d’une ethnie à travers le monde.

 

Qu'en penser ?

 

Voyez comme chaque nom apporte une nuance au déplacement. Le migrant "passe" d'un pays à un autre sans réelle raison. Le réfugié y est poussé, tout comme l'exilé, mais pas pour les mêmes raisons. L'immigré a un but (et devient un émigré pour sa patrie de naissance) et a choisi de se déraciner. L'expatrié est un immigré qui n'a pas forcément pour but de s'établir dans son pays d'accueil. Le champ sémantique est large, fourni et l'histoire a participé à son développement.

 

Pourquoi alors les médias favorisent-ils l'usage du mot "migrant" pour toute personne traversant nos frontières ? On parle effectivement d'êtres humains qui passent d'un pays à un autre, mais quid du contexte ? Est-il éthique d'oublier d'en parler au point de faire passer un réfugié pour un touriste de passage ? Quel est l'intérêt d'induire l'auditeur en erreur en biaisant le propos ? Est-ce pour l'aider à mieux accepter son incapacité à agir sur la question ? Est-ce pour l'éloigner de la chose ? Pour le séparer émotionnellement de la réalité ? Pour faire le jeu d'un groupe ou parti ? Pour faire dans le sensationnalisme ? Pour donner ce qu'ils veulent à certains ? Qu'en pensez-vous ?

 

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