Dire que l'acte de coaching s'articule autour de quatre fondamentaux serait réducteur tant la pratique va plus loin que ça, mais ces derniers forment les bases de l'exercice et c'est d'ailleurs leur découverte dans les premières étapes du coaching (dont je vous parlais dans un précédent article) qui permettront au duo coaché/coach de définir un objectif viable et de trouver les ressources nécessaires à son accomplissement.

Ces quatre piliers du coaching se nomment : Valeurs, Besoins, Croyances et Limites, que je vais vous faire découvrir.

 

1. Les Valeurs

Une valeur, c'est ce qui est fondamental pour nous (quoi de mieux pour l'un des fondamentaux du coaching ?). C'est ce qui donne du sens à nos actions, nous pousse à agir de toutes nos forces et ce qui architecture notre être psychique. Les études dans la matière estiment qu'il existe deux types de valeurs :

  1. Les valeurs héritées
    Ce sont celles que l'on a reçues dans l'enfance, récupérées de nos parents, éducateurs, fréquentations.
  2. Les valeurs construites
    Ici c'est l'expérience qui parle, ce sont les valeurs qui découlent de cette dernière et celles que nous avons faites nôtres.

D'après Frederic M. Hudson (père du coaching de vie), ces valeurs sont réparties en six catégories, qu'il nomme "Énergies vitales" :

  1. La puissance personnelle (le courage, la volonté, la confiance...)
  2. L'accomplissement (le travail, la réussite, le dépassement...)
  3. L'intimité (l'amour, l'empathie, la santé...)
  4. Le jeu et la créativité (la créativité, l'esthétisme, l'imagination...)
  5. La recherche du sens (l'intégrité, la paix, la justice...)
  6. La compassion et la contribution (le don, la solidarité, la transmission...)

Pour Hudson, chaque individu a une dizaine de valeurs qu'il exprime dans la vie par ses actions. Dans l'acte de coaching, le coach amène le coaché à découvrir les valeurs qui lui sont propres et à les exprimer dans son quotidien. Quoi de mieux que d'agir en harmonie avec ce que l'on est profondément ?

 

2. Le Besoin

Le besoin ne peut être ignoré, c'est une nécessité que nous nous devons de combler. Vous comprendrez alors facilement comment ce deuxième fondamental peut influencer nos choix et actions.

En coaching, le coach va amener le coaché à identifier ses besoins, à les comprendre (parfois même à en prendre connaissance) pour les assouvir et lui permettre d'évoluer. En effet, en se basant sur la théorie d'Abraham Maslow (qui a donné la Pyramide de Maslow, mondialement connue alors que la forme géométrique n'était pas de lui), chaque personne a cinq types de besoins qu'il se doit d'assouvir dans l'ordre pour évoluer. Ces besoins, les voici :

  1. Les besoins physiologiques (respirer, boire, manger, se loger, se reproduire...)
  2. Le besoin de sécurité (sécurité de l'emploi, sécurité physique, stabilité familiale...)
  3. Le besoin d'appartenance (famille, amis, travail, associations...)
  4. Le besoin d'estime (reconnaissance, statut, réputation...)
  5. Le besoin de s'accomplir (épanouissement, accomplissement personnel)

Ainsi, une personne qui ferait part à un coach de son fort besoin d'appartenance ne pourrait par exemple pas y arriver dans le cadre familial si son besoin de sécurité n'est pas déjà assouvi (par exemple la stabilité familiale qui serait compromise). En travaillant à deux sur les besoins, coaché et coach pourront alors mettre en place des actions qui permettront à l'objectif d'être atteint. Vous avez certainement déjà entendu l'expression "Ne pas mettre la charrue avant les bœufs", eh bien elle s'adapte parfaitement à la théorie de Maslow !

Attention cependant à ne pas confondre "envie" et "besoin". On peut facilement les mélanger, mais l'envie est un désir éphémère qui s'impose à nous alors que le besoin est nécessaire à notre développement.


3. Les Croyances

Ce sont les choses que nous pensons vraies, découlant souvent de nos valeurs, et elles sont divisées en deux catégories :

  1. Les croyances aidantes :
    Celles qui ont un sens pour nous, qui permettent de s'intégrer à un groupe, de donner un sens à l'inexplicable (religions, mythes...) et plus globalement ce qui permet d'assurer une stabilité à l'univers tel qu'on le perçoit.
  2. Les croyances limitantes :
    À l'opposé des croyances aidantes, elles sont un filtre à la réalité permettant de se protéger de l'inconnu, mais limites par le fait les possibilités et peuvent être source d'inconfort.

Qu'elle soit de l'une ou l'autre de ces catégories, une croyance est toujours liée à un besoin profond. Ce sont les croyances qui ordonnent la façon dont nous voyons notre vie et, par le fait, qui font que l'on va agir de telle ou telle façon.

Le binôme coaché/coach cherchera alors à déceler croyances aidantes et limitantes, pour éliminer les points de blocage qui pourraient en découler. Puisque l'acte de coaching consiste à amener la personne à trouver de nouvelles ressources pour réussir son objectif, le travail sera alors sur les croyances limitantes, puisque tout ce qui est aidant est déjà une bonne chose.

Maintenant, pour vous aider à comprendre le concept, rien ne vaut l'exemple. Qu'est-ce qu'une croyance ? En voici une :

"Les adolescents ont tous un poil dans la main."

Une belle généralisation proclamée comme étant vérité et modifiant notre perception. Le genre de petite phrase qui n'a rien de dramatique dans l'absolu, mais qui peut amener à bloquer sur certains points qui lui sont liés. Pour en donner un second exemple qui vous parlera certainement :

"Tant que je n'aurais pas [1], je ne pourrais pas faire [2] qui pourtant me rendrait heureux-se !"

Un vrai drame du quotidien pour beaucoup de monde, mais pourquoi ne pas plutôt essayer cette méthode ?

"Je veux être heureux-se, donc je vais faire [2] et pour y arriver je vais me donner les moyens d'avoir [1] !"


4. Les limites

Amusant de parler de limite alors que l'acte de coaching est sensé vous faire aller de l'avant non ? Et pourtant, elles forment le quatrième fondamental de la pratique et ont un fort sens dans notre vie. Tout comme on a vu que nos croyances découlent de nos valeurs, les limites font suite aux croyances et comme pour ces dernières, il en existe deux catégories.

  1. Les limites aidantes
    Celles qui nous protègent de ce que nous ne voulons pas.
  2. Les limites limitantes
    Celles qui nous enferment et nous empêchent d'évoluer.

Nos limites peuvent être posées par nous même ou par notre environnement. Elles portent bien leur nom puisqu'elles font office de frontière entre nous-mêmes (notre être psychique, non physique) et notre environnement. Ainsi, dans l'acte de coaching le duo coaché/coach travaillera sur deux terrains : poser des limites aidantes (ça n'est pas aussi simple qu'il y parait) et pousser les limites limitantes pour se donner plus d'espace.

Un exemple aidant toujours à la compréhension, voici une phrase bien connue qui vous permettra d'appréhender les deux limites :

"La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres."


Le résultat

En découvrant nos valeurs, on apprend à mieux se connaître tant dans la pensée que dans les actes. En explorant nos besoins, on peut ainsi y répondre (même en découvrir) et s'assurer plus de stabilité. En analysant nos croyances, on peut faire évoluer notre vision du monde et notre manière de l'appréhender et enfin, en connaissant nos limites, on peut donner le meilleur de nous même et améliorer notre manière d'évoluer.

Un bien joli chemin qui ne peut en toute logique que faire envie. Les nombreux livres et romans prônant le développement personnel et leur succès grandissant sont la preuve qu'une majorité aspire à plus d'autonomie et d'assurance. Pourtant, même bien posée sur le papier, cette aventure n'est pas qu'une promenade de santé et c'est là que je me propose de vous aider - non pas en évitant les écueils - mais en vous aidant à trouver en vous même les ressources pour arriver au bout !